Parole de confiné

Revenons quelques instants sur les périodes compliquées que nous avons vécu et que nous vivons encore en 2020. Mes copains de l’ESAT, comme j’aime les appeler, ont fais preuve de beaucoup de patience et de courage pendant ces fameux 55 jours de confinement.

Nous avons créé un groupe WhatsApp leur permettant de discuter entre eux, de se donner des nouvelles, de partager leur quotidien de « confiné », d’échanger des blagues, des musiques, des vidéos….

Comme le précise Guillaume « ça m’a donné un bon moral et plus de confiance pour le confinement ».

Cependant, ce confinement a été aussi très dur pour d’autre travailleur leur ouvrant les yeux sur une dure réalité, à savoir la solitude.

Nathalie explique clairement cette situation « c’était dur, je me suis bien débrouillée. Ne pas travailler s’était éprouvant. J’aime m’occuper. Quand j’ai repris le boulot, ça m’a fait beaucoup de bien dans ma tête et mon esprit. La solitude a été difficile. J’ai ressenti l’isolement puisque j’étais seule. Mais heureusement, on était beaucoup appelé. Quand même je suis fière de moi, j’ai réussi à me débrouiller toute seule.

Effectivement, Il nous tenait à cœur de maintenir un lien social avec les travailleurs, se traduisant essentiellement par de multiples appels quotidiens.

S’ajoutant à l’épreuve du confinement et de l’isolement, les fêtes de pessah se sont invitées avec tout ce que cela pouvait engendrer. Mais là encore, pour garder le moral, des vidéos, des musiques a thème ont permis un engouement et une pratique des fêtes différentes.

Puis la délivrance… Nous avons réouvert l’établissement en plusieurs étapes. L’équipe d’encadrement d’une part dès le 6 mai afin de mettre en place les mesures barrières et de réfléchir à une stratégie de déconfinement. C’est donc le 12 mai, avec 20 travailleurs et la plupart de l’équipe que notre activité a repris dans la joie et la bonne humeur de se retrouver.

Quelle joie de se revoir… même masqué et distancé !!!*

Toutefois, la reprise a été compliquée car nous avons dû instaurer des gestes et mesures rigoureuses afin d’éviter la propagation du virus. Nous avons notamment mis en place la prise de température, le changement de chaussures, des temps de pauses très strictes, des repas individuels sur les ateliers, et aucune sortie, ni entrée de l’extérieure. Après une semaine de respect drastiques de ces règles, la notion de liberté, ou le mot « prison » a été entendu.

En effet, comme la souligné Stéphane « c’est pire que la prison ici, ce n’est pas normal !».

Je crois réellement que tout peut être dit à condition que les formes soient mises. Comme on dit « savoir manier la forme et le fond ! » J’ai donc retravaillé ma position sur certaines règles, permettant un apaisement. Parallèlement, de façon pédagogique nous avons donné du sens a nos actions permettant aux travailleurs de mieux comprendre pourquoi cette épidémie avait entravé certaines de nos libertés.

C’est donc tout naturellement que le cours de la vie a repris dès le 31 aout à l’ESAT en maintenant les masques, la distanciation sociale et les gestes barrières mais toujours dans la joie, l’apaisement, l’amour…

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